Lundi 20h-23h / 4 Octobre - 7 Février
POP-UP 1 / LE JOUR DE L’ITALIENNE
Sophie Lecarpentier

Une répétition publique, une mise en scène en direct
Un lexique théâtral, une  vue sur l’envers du décor
Les mots de la scène, le théâtre, mode d’emploi.

Parce que mettre en scène un spectacle tient toujours un peu du mystère, parce que le métier de comédien, comme tout métier, véhicule son langage propre, ses expressions, ses raccourcis ; parce que la répétition théâtrale est un moment où le temps se condense et se dilate, où le chaos fait partie intégrante de la progression… En 2007, nous avons créé un spectacle qui disait les coulisses du travail scénique, qui en dévoilait les étapes et les sursauts, qui expliquait aussi les rebonds et les avancées, les nécessités et l’aléatoire.

Nous proposons de revisiter ce travail au cours d’un atelier pop-up de 3 mois, et de réinventer ensemble un spectacle ludique pour faire partager le concret de la création, à travers les mots :

Les mots du théâtre, de la profession d’acteur, de metteur en scène, de régisseur, bien sûr, et l’on parlera de « travail à la table », d’« italienne » et d’« allemande », de « didascalies » et de « stichomythie », de « gélatines » et de « couteaux », de « souffleur » et d’ « accessoires »…

Mais aussi les mots de Marivaux, à travers la répétition de L’épreuve , une de ses pièces la plus aboutie, dont l’intrigue simple permet l’ellipse sans renoncer à l’intensité des situations. Nous évoquerons le style de l’auteur, ses spécificités, sa quête de l’épure. Chez Marivaux les mots sont autant d’armes aiguisées pour influencer l’autre, le manipuler. ; Les mots avèrent les sentiments, et les tiennent à distance ; les mots révèlent les appartenances sociales et stigmatisent les êtres.

Enfin, Le jour de l’italienne est aussi un laboratoire qui raconte par quels mots on en vient à jouer les mots d’un autre, le mot-dit comme accoucheur du mot-écrit pour être proféré, interprété, donné. A travers l’évocation de « la direction d’acteur », on découvre les méandres lexicaux de la création d’un rôle, qui alterne en désordre références au réel et abstractions délirantes, leviers à la révélation du sens et de la sensibilité, de l’émotion et de l’intelligence dramaturgique.

Cet atelier est conçu comme une mise en abime du processus des répétitions, du chemin de la création, des méandres du travail d’une équipe artistique. Débutant lors des premières heures de lecture du texte par les comédiens autour d’une table et s’achevant le soir de la générale publique, Le jour de l’italienne-atelier, donnera à voir le travail du plateau, les hésitations sur le texte et les difficultés de mémorisation, la direction d’acteurs, le choix des lumières et des sons, et leur influence sur la perception d’une scène par les spectateurs, les orientation des costumes et leur significations scéniques…

Un voyage dans les coulisses, ludique et enlevé, qui explicite mieux qu’un discours combien les métiers du spectacle demande professionnalisation et engagement. Une réponse possible aux nombreuses questions des spectateurs toujours intrigués par les temps de répétitions et les métiers de l’ombre du théâtre…

Cela pourrait se lire aussi comme un engagement, sous sa forme alerte et pédagogique, pour que chacun comprenne mieux la nécessité d’un statut particulier pour ceux dont le métier est la création, une mise en fiction de la réalité de l’intermittence…


Répétitions les lundi soir de 20h à 23h à partir du 4 Octobre 2021
Représentations le dimanche 6 et le lundi 7 Février 2022


SOPHIE LECARPENTIER   &  la Compagnie Eulalie 

Après des études de Lettres supérieures et une formation au Conservatoire d’Art dramatique de Rouen, elle crée, la Compagnie Eulalie en Normandie. Oscillant librement entre humour et gravité, pièces ludiques et textes engagés, proches du théâtre documentaire, Sophie commence par mettre en scène des pièces qu’elle commande à des auteurs. Autour des questions de l’amour et ses non-dits le fait d’habiter Bagnolet de Vincent Delerm, les rencontrées du bel hasard de Marc Delaruelle, ou issues d’expériences vécues comme la guerre au Congos : Patati patatra et des tralalas de Dieudonné Niangouna. La compagnie tourne ses spectacles avec succès dans toute la France, et à Paris au Théâtre du Rond-Point, ou au Théâtre 13 régulièrement… Sophie adapte et co-écrit deux pièces documentaires avec Frédéric Cherboeuf, Too much Fight sur les prisons pour enfants, et La plus haute des solitudes sur les pathologies de l’immigration. Elle initie un travail de troupe avec un collectif d’acteurs et techniciens qui donnera lieu à un spectacle sur les coulisses du théâtre : Le Jour de l’Italienne, (hommage à La nuit américaine de Truffaut) qui tournera en France et à l’étranger pendant des 7 ans (prix du souffleur- jeune talent 2010), puis aux mises en scène de grands auteurs du 18eme, l’épreuve de Marivaux et 3 Folles Journées ou la trilogie de Beaumarchais et plus récemment Nos éducations sentimentales, une vision des quarantenaires d’aujourd’hui inspirée de Flaubert et Truffaut. Avec Le silence de Nathalie Sarraute, puis Kvetch de Berkoff, joué au Théâtre du Rond-point, elle interroge les relations sociales, les peurs souterraines de chacun et le mensonge de la parole.

Par ailleurs elle poursuit un parcours de collaborations artistiques : avec Luc Bondy, Yasmina Reza mais aussi Edouard Baer, Jean-Pierre Vincent, Louis-Do de Lencquesaing, Michèle Kokosowski, Philippe Châtel, ou Jean Dautremay.  Elle participe régulièrement au Festival du Mot de la Charité-sur-Loire, et mène des résidences artistiques à l’étranger : aux Centres Culturels Français de Kinshasa et de Brazzaville (Congos), ou dans les prisons pour enfants de Roumanie.

Elle développe actuellement des objets théâtraux singuliers, spectacles-performance qui se réinventent dans chaque lieu, chaque théâtre. A partir d’ateliers menés en immersion, elle s’intéresse particulièrement à donner la parole à ceux qui l’ont peu sur les scènes de théâtre : aux jeunes enfants et aux adolescents, Qu’y a-t-il à présent ? et aux seniors confinés en EPADH (en cours).

Récemment diplômée d’un CAP accessoiriste-réalisatrice, elle suit actuellement une formation d’art thérapeute à l’hôpital Sainte Anne pour enrichir ses champs de possibles.

 

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